Le jour où… Dessin polémique de Jean-Louis Forain (caricaturiste, 62 ans) qui détourne le slogan de l’arrière dans l’Opinion : « Pourvu qu’ils tiennent ! Qui ça ? …les civils ». En réaction, c’est la « Chanson de route des civils », petite chanson dans les dents de M’sieur Forain (sic !).
« Inquiétude », Lithographie de Jean-Louis Forain de 1915 parue dans L’Opinion
(Source : Institut national d’histoire de l’art)
Nous sommes au 6ème mois du conflit et dans les faits, la façade de l’unité est en train de se fissurer. Le pays découvre que la guerre ne sera pas courte, les veuves que leurs maris ne reviendront plus et les soldats qu’il va falloir qu’ils se débrouillent, car l’arrière ne s’est pas encore mis en ordre de marche pour les soutenir. Certes, la guerre a déjà déployé toute son horreur, mais pas encore dans sa mise en œuvre systématique et industrielle.
Les Poilus, qui ne disposent pas encore de permissions, commencent à s’organiser avec leurs rites et leurs modes de vie que décrit si bien Maurice Genevoix dans Ceux de 14. Ils pressentent aussi que l’arrière aura du mal à saisir ce qu’ils vivent.
Bref, le dessin de Forain capte parfaitement l’air du temps. Le questionnement du pays était : « Pourvu qu’ils tiennent ! », ce qu’il détourne ironiquement dans la bouche d’un Poilu.
La réaction « effarouchée » de l’arrière et des embusqués fut d’ailleurs impressionnante.
« Ohé m’sieur Forain, c’est du lourd ! » : le vieil Aristide Bruant sort de sa retraite pour composer une chanson qui est créée par une des plus grandes vedettes de l’époque, le comique troupier Polin. Cette chanson porte comme sous-titre Chanson de route des civils. Le dessinateur satirique avait sans doute atteint son objectif…
En tous les cas, cela n’empêchera pas Forain, à plus de 62 ans, de participer à la section camouflage qui se met sur pied. Il continuera à dessiner la vie des soldats dans les tranchées pour les soutenir moralement.
(Écouter « Ohé m’sieur Forain » par les chœurs de Radio-France)
Jean-Louis Forain dans les tranchées,
peint par Lucien-Victor Guerand de Scévola (1916)
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