1561 jours – Général Ancelin : 5 janvier 1915

1561 jours – Général Ancelin : 5 janvier 1915

Le jour où… Deuxième mort au combat dans l’Argonne d’un Garibaldi, le premier étant tombé le 26 décembre 1914, tous deux frères du chef de corps du régiment garibaldien, assimilé à la Légion étrangère.

(Photo : les 6 frères Garibaldi)

Le 5 novembre 1914, devant le flux de demandes, la décision avait été prise de créer un régiment uniquement composé de volontaires italiens, rattaché à la Légion étrangère. Il prit la dénomination de 4ème Régiment de Marche du 1er Régiment étranger. On le surnomma aussi la Légion garibaldienne, car 6 petits-fils du héros de l’unité italienne y servaient, à commencer par son chef de corps, Pepino Garibaldi.

Pepino Garibaldi, chef de corps de la Légion garibaldienne

Après une mise sur pied à partir de deux bataillons rassemblés à Montélimar et un troisième à Nîmes, la Légion garibaldienne se regroupa à Mailly, à compter du 10 novembre, pour y parfaire sa cohésion et son instruction.
Le 17 décembre, elle avait fait mouvement à pied vers l’Argonne pour s’insérer dans la 10ème Division d’Infanterie commandée par le général Gouraud.

le général Ricciotti Garibaldi, fils du héros de l’indépendance italienne, passe en revue avec son fils Pepino la Légion garibaldienne sur les Champs-Élysées (source L’Illustration)

Dès le 26 décembre, elle est engagée au combat dans des conditions apocalyptiques. Ce même jour, le sous-lieutenant Bruno Garibaldi est fauché, sabre au clair, et meurt en murmurant :
– Tiens, embrasse mes frères pour moi !
Dix jours, plus tard, son frère, Costante, tombe à son tour au champ d’honneur.

Photo : rapatriement de la dépouille du sous-lieutenant Bruno Garibaldi

Leurs morts auront un retentissement important de part et d’autre des Alpes. Après trois mois de combat, décimée, l’unité italienne sera retirée du front. Les pertes terribles qu’elle a subies ne seront pas sans conséquence sur la réticence des autorités transalpines à envoyer des troupes sur le front français, une fois l’Italie engagée dans la guerre.

Cette hécatombe pose bien des interrogations au chef de corps que je fus. Comment a-t-on pu imaginer transformer et aguerrir une telle formation, en si peu de temps ? Les récits et le Journal de Marche et des Opérations de l’unité soulignent un manque de coordination et des improvisations totales lors de la montée en première ligne : premiers morts dus à des tirs d’artillerie fratricide, perte d’orientation dans les bois, assauts chaotiques…

Dans ce maelstrom, un sacré chanceux : un certain Lazare Ponticelli qui fut le dernier poilu français, décédé à 110 ans, le 12 mars 2008 !

Aujourd’hui, dans une forêt d’Argonne apaisée et dont les branchages offrent une certaine quiétude, au hasard d’une promenade, à Lachalade, on ne manque pas d’être surpris et ému par la présence d’un monument assez imposant érigé dans les années 30 à la mémoire des deux frères Garibaldi.

Méritaient-ils néanmoins de mourir avec leurs compagnons de combats dans ces conditions ?

Photo : monument aux frères Garibaldi

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