Le jour où… En France, on se préoccupe pour les chaussures à talons des femmes !
Extrait de L’Illustration du 12 janvier 1918
Pour preuve que la situation est calme sur le front, L’Illustration du jour consacre plus de 4 pages aux pieds des femmes déformés par des talons trop hauts ! L’article est intitulé Le talon haut et la santé féminine.
Voici son introduction :
Le petit soulier Louis XV vient d’avoir les honneurs de l’Académie de médecine où M. Quenu lui a jeté l’anathème. Le danger que fait courir aux élégantes l’usage des talons exagérément élevés apparaît, sans conteste, sur les radiographies. Elles montrent les déformations de l’architecture osseuse du pied, du membre inférieur, du bassin et de la colonne vertébrale. Les conclusions sévères de cet examen ne visent, à vrai dire, que les excès d’une mode dont les suppliciées, pour faire petit pied et paraître plus grandes, supportent de meurtrir dans ces brodequins échasses leurs orteils repliés et leurs moignons à la chinoise. L’ostracisme académique aura-t-il cependant le pouvoir de vaincre la coquetterie féminine ? N’est-ce pas présomption ou ingénuité de décréter la fin du talon haut et le retour du soulier plat, anglican et hygiénique, mais certes moins gracieux ? Ne serait-il pas plus diplomatique de préciser seulement à quelle hauteur les talons commencent vraiment à nuire ? Il suffira […..] d’inviter à plus d’indépendance nos lectrices asservies aux exigences d’une mode dont les femmes de goût évitent toujours l’exagération.
Le tout est accompagné très sérieusement de croquis et de radiographies !
Il n’est pas sûr que L’Illustration du jour soit de nature à faire sourire le poilu dont les godillots et les bandes molletières baignent les trois quarts du temps dans la boue…
En revanche, les radiographies de L’Illustration ont certainement dû amuser une certaine Marie Curie, prix Nobel de physique.
Irène et Marie Curie dans un hôpital à l’arrière du front
En effet, dès le début de la guerre, elle a mis son énergie, ses relations et ses compétences au service de la Nation en mettant sur pied des ambulances radiologiques, vite surnommées les petites curies, pour renforcer les hôpitaux de campagne et permettre de dresser le plus rapidement possible les diagnostics des blessures liées aux éclats d’obus et aux balles. Pour cela, elle a fait regrouper les moyens existants avec l’aide de la Croix-Rouge et celle d’Antoine Béclère, chef du service de radiologie du service de santé.
Marie Curie était un fort caractère : en 1916, elle passe le permis pour conduire elle-même les camions radiologiques, accompagnée de sa fille Irène ! On estime qu’un blessé sur 6 a pu bénéficier de ce type d’examen. Marie Curie fera part de son expérience après le conflit dans La Radiologie et la Guerre, paru en 1921. (lire le livre de Marie Curie)
Gaston, mon cousin blessé, doit-il sa remise sur pied à l’engagement de cette femme exceptionnelle ? Remise sur pied… nous voici revenus au sujet initial de la préoccupation de ce jour !
Marie Curie au volant d’une « petite curie »
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