1561 jours – Général Ancelin : 18 mars 1915

1561 jours – Général Ancelin : 18 mars 1915

Le jour où… Échec de l’attaque navale des flottes alliées contre les Turcs. Le cuirassé Bouvet sombre au large de Gallipoli

Photo : le cuirassé Bouvet lancé en 1895

En dépit d’un bombardement initial de forts turcs le 19 février, nous nous trouvons ce 18 mars en face de la première véritable action intentée directement contre le sol de la Turquie.

Depuis cinq mois, les Alliés tournent autour du pot avec leurs bombardements périphériques. Atermoiements et sur-confiance font un cocktail qui les a amenés à sous-estimer les capacités des Turcs soutenus par les Allemands. Or, suite aux dernières actions, les Ottomans ont renforcé leur dispositif en disposant, entre autres, plus de champs de mines dans les détroits et les mers intérieures. En outre, les Alliés ont eu beau mener des bombardements quotidiens et des raids sur quelques batteries côtières, le dispositif défensif ennemi n’a pas été altéré.

Le contexte interne préalable à l’action navale du 18 mars est mauvais. La Royal Navy dispose du lead mais, en dépit de toutes les réunions et conférences liées au sujet sous la pression de Winston Churchill, aucune planification d’action combinée n’a sérieusement été établie. L’amiral Sackville Hamilton Carden, en charge du commandement de la flotte, est tombé malade 48 heures plus tôt et il vient d’être remplacé par son adjoint, le vice-amiral John de Robeck. Le général Ian Hamilton, qui vient d’être nommé à la tête du corps expéditionnaire, est, lui, arrivé sur zone la veille.

Hamilton a pour consigne de ne pas engager tout de suite ses troupes terrestres et de laisser les forces navales agir seules. En effet, l’idée de manœuvre est de forcer le passage pour faire peur aux Turcs et aller les intimider devant Constantinople.

C’est ainsi que ce 18 mars, une escadre franco-britannique de 18 cuirassés ou croiseurs, avec leur environnement, se présente à 10h45, par un temps radieux, devant les détroits des Dardanelles pour s’engager vers la mer de Marmara.  La vision de ce défilé naval dans un espace de 20 kilomètres sur 8 est assez stupéfiante!

Quelques heures plus tard… Les forts turcs n’ont pas cédé, même s’ils ont été sérieusement touchés et se retrouvent à court de munitions, mais la mer est devenue un cimetière : 3 bâtiments coulés, 5 lourdement touchés. C’est l’échec de l’opération.

Carte : les opérations de la bataille navale (d’après L’Illustration 17 04 15)

Parmi les pertes, le cuirassé Bouvet heurte une mine et coule alors qu’il tardait à faire demi-tour. La non-exécution immédiate d’un ordre de l’amiral Guépratte, une salve de trop, une mine flottante au mauvais endroit… causent la mort de 648 marins français dont tous les officiers et le commandant, le capitaine de vaisseau Rageot de la Touche, qui refuse de quitter le bord.

L’Illustration 17 04 15 : les derniers instants du Bouvet

Les manœuvres à dominante navale contre les Turcs sont terminées : il va falloir envisager un débarquement non planifié dans une chaîne de commandement des plus confuses que va devoir gérer le général Ian Hamilton. Tout pour aller vers un échec que nous allons suivre sur les dix prochains mois !

 

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