Le jour où… Verdun : prise du fort de Douaumont par les Allemands
Photo (reconstitution probable) : l’arrivée des fantassins allemands
Douaumont, qui signifie Mont Divin du latin Divus mons, c’est un village et surtout, sur le point culminant des Hauts-de-Meuse (voir le panorama), à 396 mètres, un fort qui fera entrer ce nom dans l’histoire. Accolé à quelques centaines de mètres du village, il repose sur le revers de la côte comme un cuirassé de béton. Il en tirera un surnom sinistre du côté allemand : der Sargdeckel, le couvercle de cercueil.
À la déclaration de la guerre, dans l’ensemble fortifié que forme Verdun, le fort de Douaumont en constitue le navire amiral, en dépit du fait qu’il n’est pas le plus moderne. Sa garnison théorique se compose de pratiquement 500 hommes. Il est armé d’un canon de 155 mm sous tourelle, 2 canons de 75 sous tourelle, 2 canons de 75 en flanquement et de 2 tourelles de mitrailleuses. Dans un rayon de 3 000 mètres, on trouve les forts de Vaux, Tavannes, Souville et les ouvrages de Froideterre et Thiaumont, des noms qui rentreront dans l’histoire dans les jours et semaines à venir.
Dans sa configuration initiale, s’en emparer aurait représenté un sacrifice énorme pour l’attaquant, sauf que… Sauf que, suite au regrettable décret du 5 août 1915, on n’y trouve plus que quelques dizaines d’hommes sous le commandement d’un sous-officier territorial ; quant aux munitions et à l’armement, ils ont été retirés, les tourelles étant en mesure d’être détruites sur ordre ! Le fort de Douaumont est la preuve par neuf que le commandement français sur zone n’est plus en mesure de suivre la situation tactique et que la coordination est inexistante, tout cela au moment où la manœuvre de repli de la ligne de front de la Woëvre se déroule.
Photo aérienne du fort de Douaumont avant l’offensive allemande (janvier 1916)
C’est ainsi que dans l’après-midi de ce 25 février, vers 16h30, les éléments de deux unités allemandes différentes, représentant moins d’une centaine d’hommes, vont pénétrer dans l’ouvrage et s’en emparer. Ce coup d’opportunité constituera une telle surprise que les Allemands ne sauront pas l’exploiter, évitant au dispositif français d’être submergé.
Profitons-en pour rendre justice aux deux vrais héros de cet exploit militaire, le sergent Runze, sapeur pionnier, et le lieutenant Radkte : ils furent les premiers à pénétrer dans l’ouvrage et non les deux commandants d’unités qui récupérèrent la gloire, avec au passage la distinction suprême allemande Pour le Mérite, par leur inscription dans les livres. C’est bien sciemment que je ne citerai pas leurs noms !
Photos : le lieutenant Radkte et le sergent Runze
Au final, Douaumont est un drame dont nous venons de vivre le premier acte.
Le décor sinistre est planté pour le plus grand malheur des dizaines de milliers de figurants tragiques que vont devenir les combattants des deux bords.
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