Le jour où… Le lieutenant-colonel Macker monte à l’assaut à la tête du 92ème Régiment d’Infanterie au Bois des Corbeaux.
Carte : zone des opérations du 92ème RI
Le lieutenant-colonel Macker, un saint-cyrien, commande le 92ème Régiment d’Infanterie depuis le 1er décembre 1914. Il a passé l’année 1915 à combattre aux confins de l’Oise et de la Somme.
Depuis la fin du mois de février, le régiment est engagé sur Verdun et a été maintenu en réserve, au sud de la ligne Côte 304 -Mort Homme. Le 7 mars au soir, Macker reçoit l’ordre lapidaire suivant, en provenance de la brigade : L’ennemi s’est emparé du bois des Corbeaux, au 92 revient l’honneur de reprendre cette position.
L’attaque étant prévue pour 7h00 le matin, mon ancien, voulant partir « propre » se rasa de près avec… du vin ! … l’eau étant rare. Après le temps exécrable des jours précédents, comme le révèle l’historique du 92ème RI, le soleil se lève dans un ciel pur comme pour illuminer la gloire qui va couvrir le régiment. Le colonel Macker est devant. Il allume un cigare, lève sa canne, signal de l’assaut. Neuf cents mètres sont à parcourir sous les balles et sous les obus ; la sensation de cette distance serre bien les cœurs ; mais le colonel est là qui montre le chemin. En dépit des pertes, le régiment parvient à s’emparer du bois des Corbeaux.
Carte postale : le Bois des Corbeaux après les combats
Le lendemain, le lieutenant-colonel Macker sortira l’ordre du jour suivant :
Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 92ème et de la 1ère compagnie de mitrailleuses de brigade
Vous avez, hier, dans un élan magnifique, exécuté une contre-attaque superbe, sur terrain plat de 800 mètres et sous un ouragan de feu terrible. L’ennemi n’a pu tenir devant votre vaillance. Je ne trouve qu’un mot pour vous remercier, c’est en vous disant que j’ai vécu, grâce à vous, la plus belle heure de ma vie de soldat.
La France a le droit d’être fière du 92ème.
9 mars 1916 – Bois des Corbeaux
Dans les deux jours qui suivront, attaques et contre-attaques vont se succéder autour du bois des Corbeaux et de Cumières qui resteront finalement aux mains des Allemands.
Le 10 au matin, le colonel Macker sera fauché par une rafale de mitrailleuse.
Photo : le poste de secours du 92ème RI pendant l’assaut
À la fois saint-cyrien et chef de corps du régiment d’Auvergne comme lui, c’est avec fierté et honneur que je peux revendiquer de lui avoir succédé, 88 ans après, à la tête de mes Gaulois.
100 ans plus tard, jour pour jour, heure pour heure, je tiendrai à être présent sur les lieux pour rendre hommage à celui qui avait occupé la même fonction que moi.
À regarder la photo de Macker, je suis bluffé par la prestance de cet homme de 50 ans, au front depuis plus d’un an et demi. De la même promotion que le général Serret (blessé mortellement au Hartmannswillerkopf, décédé le 6 janvier 1916) ou que le colonel Tesson (fauché le 29 septembre 1915, en sortant de la Tranchée des Tantes) à la tête du 35ème Régiment d’Infanterie, il n’était encore que lieutenant-colonel, signe sans doute d’un caractère entier… Mais quelle allure !
Photo : le lieutenant-colonel Macker
Obtenir 1561 jours :
Obtenez l’offre du centenaire, soit les 5 ouvrages numériques multi-plateformes (PC, Mac, iPad, tablettes Android,…), pour 12 € seulement grâce au code Card1561
1561 jours, œuvre mémorielle magistrale sur la guerre de 14 18, c’est 6000 pages dotées d’une iconographie restaurée exceptionnelle, souvent inédite, dont la lecture est facilitée par une navigation calendaire. 1561 jours s’appuie sur un Cloud qui héberge des enrichissements remarquables : des heures de films et de vidéos, de la musique inédite, des cartes en haute définition, des documents et même des livres rares complets…











